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Entretien avec Hana MACHKOVA, Directrice de l’IFTG de Prague

L'IAE a développé des partenariats forts avec VSE Prague, 1ère Business School d'Europe de l'Est

Publié le 30 décembre 2008 Mis à jour le 5 janvier 2009

Après le lancement dès 1994 du Master Management et Administration des Entreprises Franco-Tchèque (ex- CAAE), L'IAE et l'Université d'Economie de Prague proposent désormais un double diplôme International Business - Central European Business Realities / European Business Realities Program.

[legende-image]1229615407428[/legende-image]L'IAE est partenaire depuis 1994 d'une formation de 3ème cycle créée par l'Institut Franco-Tchèque de Gestion (IFTG) de l'Université d'Economie de Prague et gérée par un consortium piloté par l'IAE de Lyon qui réunit Audencia Nantes, l'IAE de Paris et l'IAE de Nice. Cet enseignement, dont le responsable pédagogique est Michel Wissler, est sanctionné par le Master Management et Administration des Entreprises (MAE, ex. CAAE), délivré par l'IAE de Lyon.

Entretien avec Hana MACHKOVA, Directrice de l'IFTG, Vice-Présidente de l'Université d'Economie de Prague, Chargée des Relations Internationale à l'occasion de sa présence à l'IAE en tant que professeur invité où elle enseigne dans le cadre du programme Management des Activités Internationales.

Récemment, l'IFTG a diplômé les auditeurs du MAE - Master Management Général franco-tchèque : pouvez-vous nous présenter cette promotion sortante ?

H.M : Le 12 septembre, l'IFTG organisait la remise des diplômes de la dernière promotion du MAE franco-tchèque. Cette cérémonie est toujours prestigieuse car elle réunit d'importantes personnalités comme le Président de l'Université Economique de Prague Richard Hindls, le Conseiller économique et commercial de l'Ambassade de France Bernard Boidin, l'Attaché de coopération scientifique de l'Ambassade de France Xavier Morise, ainsi que le Président de la Chambre franco-tchèque de Commerce, le DRH de la Komercni Banka (Société Générale), le Directeur de Renault. Cette année nous avons également accueilli Jérôme de Zotti, Directeur marketing du département Produits Professionnels de l'Oréal.

La promotion sortante comprend 32 diplômés dont 2/3 de femmes et 1/3 d'hommes. Le plus jeune diplômé a 26 ans et le plus âgé, 52 ans. Dans la mesure où ce Master est une formation « double compétence » : la promotion est constituée de multiples profils : dont un ingénieur, un enseignant en lettres mais aussi des étudiants de l'Université d'Economie qui avaient suivi d'autres options que la gestion. Rappelez-nous les origines de la délocalisation de ce Master en management franco-tchèque ? Comment fonctionne-t-il ?

H.M : La mise en place du diplôme proposé par l'IFTG remonte au tout début des années 90. Il s'agissait à l'époque, d'un programme coordonné par la FNEGE qui débouchait sur un certificat. Nous avons souhaité valoriser cet enseignement et avons obtenu une reconnaissance officielle puisqu'il a été par la suite, sanctionné par un diplôme d'état français délivré par l'IAE de Lyon. Cette habilitation a confirmé la qualité de l'enseignement et notamment les cours assurés par les professeurs tchèques qui interviennent à hauteur de 50% dans le programme. Le rythme du MAE franco-tchèque est lourd. Le programme est intense en raison de la participation des enseignants français qui interviennent dans des séminaires bloqués. Les cours sont très concentrés et s'étendent du lundi au vendredi : soit 40 H pédagogiques par semaine, au rythme d'une semaine sur deux. L'enseignement regroupe 10 modules de 40 H soit 400 heures auquel il faut ajouter un stage obligatoire de 3 mois minimum. Les cours démarrent fin juin avec le premier séminaire enseigné en tchèque et se terminent mi-janvier. La cadence des cours est soutenue mais elle est pratique pour les participants qui peuvent négocier leur disponibilité plus facilement avec leur entreprise. Le dispositif est intense et demande beaucoup de volonté et de courage pour les auditeurs. Le mémoire de stage est rédigé en français. Au début des années 90, notre problème majeur était la maîtrise du français. Aujourd'hui, nous intégrons toujours au programme, une formation linguistique en introduction. On ne parle cependant plus d'une remise à niveau car de nos jours les étudiants s'expriment bien en français et leur niveau est bon car ils ont tous suivi des stages Erasmus ou ont effectué des séjours en France. Néanmoins nous les préparons à l'examen de français, épreuve incontournable car il s'agit d'un diplômé français délocalisé mais à présent, le contenu du cours est plus axé sur la méthodologie.

[legende-image]1229615407430[/legende-image]Quelles distinctions notez-vous entre les premières promotions et les plus récentes ?

H.M : La première caractéristique qui distingue les premières promotions des dernières, est la compétence linguistique des auditeurs. Il y a 18 ans, nous sélectionnions des candidats qui maîtrisaient le français mais qui ne le pratiquaient pas. Ils manquaient totalement d'aisance orale et n'osaient pas s'exprimer en public. Ils étaient influencés par la culture communiste. Les enseignants tchèques et français étaient confrontés à la difficulté de les faire parler notamment dans le cadre des études de cas. Aujourd'hui le contexte est tout autre et les enseignants français engagés dans le programme peuvent noter l'évolution des comportements. Non seulement les jeunes s'expriment mais ils adorent çà. Ils sont tous actifs, réactifs et participatifs et les promotions sont très homogènes. Une autre distinction que nous pouvons relever entre les promotions d'origine et celles d'aujourd'hui est la solidarité qui règne entre les étudiants. Dans la mesure où ils passent beaucoup de temps ensemble à l'IFTG, ils apprennent à travailler ensemble et s'entraident dans les difficultés.

Les participants du Master MAE Franco-Thèque font-ils leur stage au sein de leur entreprise, essentiellement en République Tchèque ? Quelles sont les opportunités d'embauche ou d'évolution de carrière ?

H.M : Les premières années, les participants recherchaient en priorité une expérience professionnelle en France et effectuaient, dans la mesure du possible, leur stage en France. Depuis, l'intérêt des auditeurs a évolué. Pour ceux qui travaillent, ils entreprennent leur stage prioritairement au sein de leur société et pour les autres, ils recherchent une entreprise en République Tchèque afin de se faire embaucher à l'issue de cette expérience, qui fait office de pré-embauche. Au sein de l'actuelle promotion, une seule étudiante a effectué son stage en France à Metz, à la Société Générale. Les diplômés de la promotion sortante occupent tous un poste soit dans une entreprise française, soit dans une entreprise franco-tchèque, soit dans une entreprise tchèque qui exporte en France. Certains travaillent dans des grandes multinationales mais ils oeuvrent dans un secteur d'activité ou dans un département en lien économique avec la France. Les diplômés de cette formation s'insèrent bien professionnellement. On leur offre des opportunités de carrière qui ne se seraient pas présentées s'ils n'avaient pas suivi le MAE. Je peux citer l'exemple d'une participante qui était diplômée de la Faculté des Lettres. Elle travaillait à la Chambre franco-tchèque de Commerce où elle avait un poste d'assistante car elle n'avait pas de formation en gestion. Diplômée du MAE, elle a ouvert en République Tchèque, une agence d'intérim, filiale de Manpower. Le MAE est une valeur rajoutée dans un CV parce que c'est un diplôme français.

Les entreprises françaises implantées en République Tchèque vous adressent-elles des candidats ? Quels moyens utilisez-vous pour promouvoir le MAE franco-tchèque ?

H.M : Les sociétés françaises implantées en République Tchèque, mise à part l'Oréal, ne nous envoient pas de candidat et nous le regrettons. Cependant, elles recherchent et embauchent nos diplômés. Cette année est assez exceptionnelle puisque nous avons accueilli trois participants de chez Renault. Pour les embauches au sein des entreprises françaises implantées en République Tchèque, le premier employeur est la Komercni Banka (Société Générale) et le 2ème, l'Oréal. Les sociétés comme Vinci Eurovia, Roland Berger Strategy Consultants proposent également des stages et accueillent des diplômés. L'avantage de ce MAE sur le marché des formations proposées en République Tchèque est qu'il est unique. C'est le seul Master Formation Continue en français. L'enseignement bi-culturel, parfaitement équilibré : 50% en français et 50% en tchèque le rend très attractif. Nous avons accueilli cette année deux étudiants français qui ont appris le tchèque et qui suivent le MAE à Prague. L'IFTG est bien intégré dans le monde économique et reconnu par les entreprises françaises implantées en République Tchèque. Les cadres de ces sociétés interviennent dans le programme, comme par exemple Gilles Bérouard, le directeur général de l'agence publicitaire Euro RSCG (dans le module de marketing), des intervenants issus de la Société Générale (dans le module de gestion financière). Tous les ans, notre partenaire l'Oréal organise un séminaire consacré à la gestion de projet dans ses locaux. L'ambassade de France est également un très bon relais. Lors des journées d'accueil des étudiants, elle promeut le MAE franco-tchèque.

Existe-t-il d'autres formes de partenariat, d'échanges entre l'IFTG et l'IAE de Lyon ?

H.M : L'Université d'Economie de Prague a poursuivi sa collaboration avec l'IAE de Lyon en mettant en place un double diplôme. Les étudiants peuvent suivre à la fois le programme « International Business - Central European Business Realities » enseigné à l'Université d'Economie de Prague et les cours du « European Business Realities Program » de l'IAE de Lyon. Ce double diplôme est innovant : c'est la première fois que l'Université tchèque signait un partenariat de ce type avec une institution universitaire étrangère. Je suis à l'origine de ce projet, et j'en suis fière, que j'ai mené en qualité de Vice-Présidente chargée des Relations Internationales. Dans le cadre de ce double-diplôme, deux étudiants français sont actuellement à Prague. Des enseignants de l'IFTG interviennent aussi dans le cadre des séminaires internationaux organisés chaque année par l'IAE. Nous avons également, de notre côté, dupliqué le concept. Nous invitons des enseignants étrangers dans le cadre de séminaires internationaux.

D'autres coopérations existent entre nos deux institutions comme par exemple l'accueil d'enseignants de l'IAE par le biais des programmes Erasmus : Alain Roger interviendra dans le cadre des études doctorales et enseignera la méthodologie de la Recherche ; Paul Marc Collin enseignera la stratégie internationale, Yves Livian la Gestion des Ressources Humaines... Dans le domaine de la recherche, les enseignants de nos deux institutions collaborent à des publications communes. Yves Livian et moi-même avons, par exemple, participé à la rédaction d'un chapitre dans l'ouvrage collectif intitulé : « Gestion en contexte interculturel » (éditions de l'Université Laval - Québec).

Avez-des projets de partenariat en cours pour l'IFTG ?

H.M : Nous venons de mettre en place avec l'Oréal Département Produits Professionnels, une formation spécifique pour les managers de salon de coiffure, qui se rapproche du programme que l'IAE a développé avec l'Oréal dans le domaine du Dermo-Conseil en Officine. L'expérience est très intéressante en raison de la mixité des enseignants. J'interviens par exemple avec le Directeur du marketing de la Division de l'Oréal Produits Professionnels dans le module de Marketing. Propos recueillis par Nadine Girard

Hana Machkova à l'IAE de Lyon, entourée d'un groupe d'étudiants du Master Management International.

[legende-image]1229615407416[/legende-image] VSE Prague, Université d'Economie, 1ère Business School en Europe de l'Est.

VSE Prague, University of Economics, désignée 1ère Business School en Europe de l'Est, lors de la convention Eduniversal des 4 et 5 novembre 2008 à Paris.

VSE est un partenaire historique de l'IAE de Lyon avec lequel le Master Management et Administration des Entreprises fonctionne avec succès depuis le début des années 90.

La coopération s'est depuis enrichie avec le développement d'un double diplôme avec le Master Management International, l'échange de professeurs invités et la réalisation récente de séminaires doctoraux.

La convention Eduniversal a réuni à Paris des représentants des 1000 meilleures Business Schools sélectionnées à travers le monde pour la remise des différents prix, autour de conférences et ateliers sur l'enseignement du management.