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TOUDOIRE Véronique épouse SANGUINETTI

Adoption de l’Open Source dans les organisations : articuler business model ouvert et implication dans les communautés

Publié le 11 mars 2020 Mis à jour le 25 mai 2020

Thèse en Sciences de Gestion, soutenue le 11 décembre 2019.

L’Open Source est apparu dans l’industrie du logiciel au début des années 1980 sous le terme de logiciel libre (Von Hippel, 2001). Il est maintenant utilisé dans toutes les infrastructures digitales et certaines industries en dehors du logiciel ont commencé à s’y intéresser. L’Open Source est une forme avancée d’Open Innovation (Chesbrough, 2003, 2006, 2017) qui fédère autour de projets Open Source des organisations et des communautés externes (Von Hippel & Von Krogh, 2003), générant ainsi des formes nouvelles d’organisations et de business models. L’adoption organisationnelle de l’Open Source se décline en deux axes, un axe d’utilisation de méthodes, outils et composants Open Source et un axe d’implication dans ces communautés Open Source. Les organisations font face à des dilemmes d’ouverture pour l’adoption de l’Open Source et sous-estiment les rôles de leur implication dans les communautés et du degré d’ouverture de leur offre dans la performance de leurs business models. Nous nous concentrons sur les organisations utilisatrices et offreuses de solutions Open Source. L’objectif de la recherche est d’étudier pourquoi et pour quelles conséquences les organisations adoptent l’Open Source comme mode d’innovation. Nous montrons qu’envisager ces dilemmes d’ouverture sous la forme de paradoxes permet de trouver des voies vertueuses de développement et de performance (Lauritzen & Karafyllia, 2019; Smith & Lewis, 2011). Nous utilisons pour étudier ces business models le cadre d’analyse RCOV – Ressources, Compétences, Organisation, proposition de Valeur - (Demil & Lecocq, 2010; Warnier, Lecocq, & Demil, 2012).
Notre design de recherche intègre deux approches. (1) Une première approche qualitative est basée sur 25 entretiens d'experts issus du monde académiques et du monde de l’entreprise. Elle nous permet d’explorer et d’améliorer les panoramas conceptuels des déterminants et facilitateurs principaux pour l’adoption de pratiques Open Source par les organisations informatiques et industrielles. (2) Une seconde approche quantitative est basée sur un échantillon de 307 managers et responsables d'entreprises. L’étude est menée avec et pour le CNLL, le Syntec-Numérique et Systematic-Paris-Region en 2017. L’étude nous permet d’identifier les déterminants et conséquences de l'utilisation de l'Open Source à partir de modèles d’équations structurelles. Nous montrons notamment qu’en fonction du type de business model, les facettes d’implication dans les communautés n’ont pas le même impact sur la performance perçue par les organisations. Dans tous les cas, l’implication de type formalisé qui est la plus choisie par les organisations est moins performante que d’autres formes d’implication.

Open Source appeared in the software industry in the early 1980s under the name “free software” (Von Hippel, 2001). It is now widely used by all digital infrastructures and companies outside the software industry have recently started showing an interest in this subject. Open Source is an extreme form of Open Innovation (Chesbrough, 2003, 2006, 2017) that creates relations between organizations and external communities around Open Source projects (Von Hippel & Von Krogh, 2003) and leads to new forms of organizations and business models. Organizational Open Source adoption can be assessed with two axes, one for Using Open Source methods, tools and components, and one for community involvement. Organizations face opening dilemmas and under-estimate the importance of community involvement and of open value proposition in their business model performance. We focus on organizations that use and/or offer Open Source solutions. The main goal of our research is to study why and with which consequences organizations adopt Open Source as an innovation path. We show that conceiving opening dilemmas in terms of paradoxes facilitates finding virtuous ways for development and performance (Lauritzen & Karafyllia, 2019; Smith & Lewis, 2011). We use the RCOV framework (Demil & Lecocq, 2010; Warnier, Lecocq, & Demil, 2012) to analyze these business models.
Our research design integrates two approaches. (1) A first qualitative approach is based on 25 interviews with experts from the academic and business worlds. It allows us to explore and improve the conceptual panoramas of the main determinants and facilitators for the adoption of Open Source practices by software and industrial organizations. (2) A second quantitative approach is based on a sample of 307 managers and business leaders. The study is conducted with and for the CNLL, Syntec-Numérique and Systematic-Paris-Region in 2017. The study uses structural equation modeling and allows us to identify the determinants and consequences of the use of Open Source. In particular, we show that, depending on the type of business model, the facets of community involvement do not have the same impact on the perceived performance of organizations. In all cases, the formalized type of involvement that is most chosen by organizations is less effective than other forms of involvement.

 

Mots-clés : Open Source, Open Innovation, dilemmes de l’ouverture, paradoxes de l’ouverture, implication des organisations dans les communautés, offre hybride, RCOV, performance organisationnelle perçue, experts, modélisation structurelle, R.

Keywords : Open Source, Open Innovation, opening dilemmas, opening paradoxes, organizational community involvement, hybrid offer, RCOV, organizational perceived performance, experts, structural modeling, R.

Directeur(trice) de thèse : Kiane GOUDARZI


Membres du jury :
- M. Kiane GOUDARZI, Directeur de thèse, Professeur des universités, Université Jean Moulin Lyon 3,
- Mme Cécile AYERBE, Professeure des universités, Université de Nice Sophia-Antipolis,
- M. Sébastien BRION, Professeur des universités, Aix Marseille Université,
- M. Vincent CHAUVET, Professeur des universités, Université de Toulon,
- Mme Caroline HUSSLER, Professeur des universités, Université Jean Moulin Lyon 3,
- M. Xavier LECOCQ, Professeur des universités, Université Lille.



Président (e) du jury : Sébastien BRION